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Comment mener une entreprise vers l’avenir énergétique? Quelles innovations dans l’économie et la recherche joueront un rôle décisif? Comment les tâches de management évoluent-elles en période d’instabilité? Le voyage vers l’avenir énergétique a commencé depuis longtemps. Il est à la fois aventureux et turbulent, mais aussi passionnant et captivant. Comme dans un avion, il ne suffit pas d’avoir la technologie la plus moderne pour atteindre sa destination en toute sécurité. On a besoin de gens, de pilotes pour diriger l’avion, qui savent naviguer avec les bons instruments. Le BKW Business Talk du 14 novembre 2017 a été l’occasion d’obtenir des aperçus intéressants du cockpit de ce vol long-courrier. Nicole Brandes, coach en management, à propos des exigences requises dans l’équipe de management.

Nicole Brandes, que conseillez-vous à une entreprise telle que BKW pour maîtriser avec succès les mutations fondamentales de son secteur?

Dans le secteur de l’énergie, nous vivons également un gigantesque changement, qui est influencé par de nombreuses mégatendances. Il existe différents scénarios pour l’avenir. Nous ne savons pas lesquels sont les bons. Mais nous savons ce qui motive le changement. Il est donc important de nous en préoccuper de manière intensive. Il ne s’agit pas de se demander s’il faut ou non apporter des transformations, mais de savoir comment on le fait. De plus, le changement est toujours source d’incertitude. Il incombe donc aux managers d’associer leurs collaborateurs à ce voyage vers de nouveaux horizons inconnus. Aujourd’hui, les collaborateurs ne suivent que s’ils le veulent, et non si on les y oblige.

«Les managers sont donc fortement sollicités sur tous les fronts. Il doivent être de véritables super-héros.»

De quoi nos entreprises ont-elles besoin dans un monde globalisé pour réussir à long terme?

Nous vivons à une époque remarquable et cela exige un management remarquable: un management fort qui non seulement prône le changement, mais agit aussi en ce sens. Un management qui initie le changement, a le courage de penser l’impossible et de créer une culture de la découverte perpétuelle et de l’apprentissage évolutionnaire. Il faut des libres-penseurs et des sages qui décident ce que l’on conserve de l’ordre ancien et là où l’on doit promouvoir la nouveauté. Et ils ont non seulement besoin d’excellentes compétences en relations humaines pour diriger un groupe de travail très polyvalent, mais ils doivent aussi créer des structures dans lesquelles les collaborateurs peuvent travailler en réseau. Cela permet aux entreprises d’agir plus vite, plus intelligemment et avec plus d’agilité sur le marché. Les managers sont donc fortement sollicités sur tous les fronts. Il doivent être de véritables super-héros.

Quelles sont les compétences spécifiques exigées des managers – en particulier lorsque nous coopérons sous forme de réseaux et que l’holocratie devient la nouvelle structure de l’entreprise?

La forme d’organisation n’est qu’un outil. Elle doit fournir un cadre dans lequel les collaborateurs se sentent à l’aise et peuvent développer pleinement leurs compétences. En raison de l’évolution technologique et des changements socio-démographiques, nous avons un transfert de pouvoir du fournisseur vers le client ou du management vers les collaborateurs. Cela signifie que les managers et les experts en marketing doivent être plus attentifs au facteur humain et prendre en compte les besoins des individus. Lors du recrutement de talents, il est désormais important de confier des responsabilités aux collaborateurs. La complexité est le plus grand défi que nous ayons aujourd’hui à relever. Nous de pouvons supporter seul tout le poids de l’avenir. Nous avons besoin de la sagesse de la diversité, à savoir de points de vue, d’expériences et de visions du monde différentes. Cela peut facilement mener à des conflits de valeurs. Se comprendre mutuellement dans ce contexte et aller de l’avant ensemble, voilà ce que j’appelle l’«intelligence collective».

Quelles sont les compétences requises à une époque où l’intelligence artificielle prend le dessus sur notre travail?

Tout ce que les robots ne savent pas faire: par exemple, ce que nous appelons le bon sens. Lorsque nous considérons les professions, l’avenir appartient aux «travailleurs intellectuels les plus doués» tels que les cadres, les médecins, les architectes et les développeurs de logiciels, car l’intelligence artificielle n’est pas encore capable de créer un contexte et d’avoir une pensée créatrice. Mais les emplois de services aux personnes tels que les enseignants et les infirmières sont aussi plébiscités. Les robots ne remplaceront pas le savoir-faire des cuisiniers ou des coiffeurs, mais les aideront. Jongler avec plusieurs emplois en même temps n’a rien d’inhabituel: en plus de notre activité principale, nous louons une chambre ou cuisinons pour une start-up de l’industrie alimentaire. Les exigences professionnelles augmentent, la curiosité et l’apprentissage tout au long de la vie sont les facteurs de succès.

«Les compétences humaines sont la devise du futur. Le profit est le sang qui coule dans les veines d’une organisation, mais les rêves sont le cœur et ce qui nous motive.»

Qu’est-ce qui nous différencie à long terme?

Les ordinateurs ne peuvent pas rêver, à la différence de nous les humains. Nous pouvons avoir du plaisir à travailler et le transmettre aux autres. Nous pouvons aimer, ressentir de l’empathie et donc mieux manager les gens, leur communiquer notre énergie, les enthousiasmer et créer un sentiment de communauté. Et les robots ne peuvent pas non plus juger jusqu’où nous allons avec la technologie en termes éthiques. Les compétences humaines (soft skills) sont la devise du futur. Le profit est le sang qui coule dans les veines d’une organisation, mais les rêves sont le cœur et ce qui nous motive.

Qu’est-ce qui a particulièrement influencé votre développement personnel?

Beaucoup de choses! Ma mère, entre autres. Nous n’avions absolument rien au niveau matériel. Mais elle a encouragé mon énorme volonté d’avancer à bien des égards. Enfant déjà, j’avais une soif insatiable de connaissances et des idées claires sur le fait que ma vie serait géniale. Non pas en termes de succès et d’argent, mais je voulais d’une part une vie palpitante, épanouissante, riche et aventureuse et d’autre part, un travail avec des personnes très performantes: j’ai eu le privilège de travailler pendant 15 ans avec certains des entrepreneurs les plus prospères au monde. J’ai compris qu’un management exceptionnel ne signifie pas l’optimisation des processus, mais plutôt la capacité de faire bouger les gens, et que cela commence par soi-même. Nous ne pouvons pas numériser le management et les compétences personnelles.

Existe-t-il des valeurs universelles?

Oui. Globalement, nous partageons les mêmes valeurs partout dans le monde, même si nous n’en sommes pas souvent conscients. Famille, amitié, fidélité ou loyauté, par exemple. Ce qui nous distingue des autres cultures, c’est la façon dont nous devons les vivre. Pour survivre, les gens n’ont pas besoin de n’importe quel environnement, mais d’un environnement adapté à leurs besoins. Cela implique aussi qu’ils connaissent et vivent leurs valeurs. L’avenir appartient à ceux qui atteignent les gens dans leurs besoins fondamentaux tels que le sentiment de sécurité, la reconnaissance, le sens, la compassion et l’amour.

«Les gens qui voient du sens dans leur travail sont plus créatifs et plus efficaces.»

Voir le sens de notre travail: être heureux. Pouvons-nous nous permettre de fonctionner selon ce schéma en temps de crise ou sommes-nous dépassés par la concurrence?

Être heureux est l’objectif le plus important des gens partout dans le monde. Et un travail utile en est l’une des composantes les plus importantes. Mais qu’est-ce qu’un travail utile? C’est une question complexe à l’ère de la migration vers le mégaformat avec la technologisation, l’automatisation et les changements socio-démographiques. Il est clair que le succès d’une entreprise dépend dans une large mesure de la façon dont les collaborateurs s’identifient à leur travail. Les gens qui voient du sens dans leur travail sont plus créatifs et plus efficaces.

Des solutions pour un avenir où il fera bon vivre, telle est la mission de BKW. Comment l’interprèteriez-vous?

Selon moi, des organisations telles que BKW, qui sont à l’avant-garde du changement, ont un mandat non seulement économique mais plus que jamais aussi socio-politique. Vous ne devez pas seulement vous demander: comment vivrons-nous dans l’avenir? Mais surtout: comment voulons-nous vivre? Et comment pouvons-nous contribuer à une meilleure existence humaine? Avec sa solution, BKW touche la corde sensible de notre époque et poursuit sa mission dans l’avenir.

Nicole Brandes est coach en management international, auteure et penseuse du futur dans le business. Elle encadre des managers, développe des programmes de Leadership 4.0 et donne des conférences internationales pour des entreprises dans toutes les branches au niveau mondial.

En savoir plus sur Nicole Brandes

Iris Müller

Iris Müller

Co-Leiterin News, Stories & Change Communications bei der BKW