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Lundi, Venture a fêté son 20e anniversaire. Depuis maintenant deux décennies, cette manifestation aide de jeunes entrepreneurs à fructifier leurs idées d’activité en start-up couronnées de succès. Lors de son édition 2017, Suzanne Thoma, CEO de BKW, était présente en tant que membre du jury. La femme d’affaires chevronnée nous fait faire un tour d’horizon de sa carrière à l’occasion d’un entretien et explique pourquoi BKW également mise sur des start-up.

Mme Thoma, vous étiez membre du jury lors de l’événement Venture. Quelles sont les qualités que vous recherchez chez une start-up?

D’une manière générale, évidemment la viabilité commerciale du produit ou du service qu’elle offre. Et puis des indices qui permettraient de déterminer si la jeune pousse est en mesure de mettre son idée en pratique. Celle-ci doit en effet être réalisable. Une bonne idée n’a que peu de valeur sans un test de réalité.

BKW travaille elle aussi avec des start-up, dans le cadre de son initiative «Level-up». Qu’en attend l’entreprise?

Comme vous le savez, nous ne développons nos produits et prestations nous-mêmes que jusqu’un à un certain point uniquement. Car BKW est bien plus un intégrateur de solutions pour ses clients. En collaborant avec des start-up, nous ambitionnons donc d’adopter des idées et des technologies qui ont déjà été développées jusqu’à un certain point afin de les intégrer dans notre entreprise sous une forme adéquate. Depuis le début de l’initiative start-up, nous avons déjà mis en œuvre cette stratégie avec succès au moyen de plusieurs projets, comme notre coopération avec Eturnity par exemple: la start-up a développé une plate-forme de conseil permettant de vendre efficacement des systèmes photovoltaïques; un outil que nous utilisons lorsque nous élaborons des offres pour Home Energy, notre solution énergétique modulaire.

BKW souhaite également faire progresser le développement de solutions énergétiques innovantes avec l’appui de start-up. Quels sont les domaines qui présentent le meilleur potentiel à vos yeux?

J’estime que les applications nécessitant un contact avec la clientèle recèlent le plus grand potentiel. Nous discernons en effet de nombreuses opportunités de collaboration efficace avec des start-up sur les marchés où nous intervenons et où nous recherchons des solutions pour nos clients.

… Pour vous, le plus grand potentiel réside donc dans l’orientation vers la clientèle. S’agit-il même du domaine dans lequel il faut agir le plus urgemment?

(Rires) Quelle question effrontée! Urgence n’est pas le terme que j’emploierais. Je reconnais toutefois que nous avons identifié des possibilités d’amélioration dans notre approche du libre marché, de l’orientation vers la clientèle et de l’optimisation des coûts.

A l’heure actuelle, BKW travaille avec plusieurs start-up. Comment décririez-vous les expériences accumulées jusqu’à présent? D’après vous, l’initiative a-t-elle déjà porté ses fruits pour BKW?

J’en tire un bilan positif. Investir dans l’initiative start-up s’est en effet révélé judicieux. Certes, nous n’en avons pas encore tiré le produit du siècle, mais la collaboration avec des start-up a été une source d’inspiration majeure pour nous. Par ailleurs, le projet nous oblige, en tant qu’entreprise, à poursuivre notre mutation culturelle, tant il est vrai que notre approche reste encore compliquée et lourde dans certains domaines, malgré tous les progrès accomplis. L’initiative start-up nous donne l’impulsion dont nous avons besoin.

Vous venez d’y faire allusion vous-même: structurellement, BKW est tout le contraire d’une start-up. Comment établissez-vous des passerelles entre ces deux architectures afin de favoriser une collaboration profitable?

Nous pouvons encore devenir bien plus pragmatiques et adroits, sans pour cela porter préjudice ni à la qualité ni aux résultats. Je constate d’ailleurs que les solutions pragmatiques sont souvent des solutions particulièrement bonnes. Nous devons tirer parti de cette opportunité. Il va de soi que cela ne s’applique ni dans la même mesure ni de la même manière à toutes nos activités. Mais nous nous efforçons généralement de simplifier nos processus, de réduire le nombre de consignes et de laisser aux managers et aux collaborateurs une certaine marge de manœuvre dans leur interprétation de celles-ci pour que les uns et les autres puissent réagir avec pragmatisme à chaque situation. Je note cependant que cette approche ne fait pas l’unanimité. Il nous a par exemple été reproché de n’avoir pas suffisamment détaillé notre règlement des frais.

Et en quoi les start-up profitent-elles de cette collaboration avec BKW?

Lors de chaque collaboration, BKW offre à la start-up un accès à ses marchés, à ses clients et à son infrastructure. En outre, de nombreux experts dotés d’un grand savoir-faire dans différents secteurs profitable aux start-up sont à leur disposition. Sans oublier que BKW représente aussi une excellente référence pour des start-up et leur développement sur le marché. Nous avons donc une fonction de multiplicateur.

Si vous avez en grande partie construit votre carrière au sein d’entreprises bien établies, beaucoup de gens ignorent que vous avez aussi déjà dirigé une start-up.

Oui, c’est exact. Il s’agissait de Rolic Technologies Ltd. Lorsque je l’ai rejointe, elle existait depuis trois ou quatre ans. Elle travaillait sur des technologies visant à rendre les écrans plats viables sur le plan commercial. Je dispose donc d’une certaine expérience des start-up.

Et si vous deviez comparer, qu’est-ce qui vous plaît le plus? Le travail dans une grande entreprise ou dans une start-up?

Je vous dirais d’emblée que rien n’est plus passionnant que de travailler chez BKW. Mais il y a des différences notables entre les deux environnements. Chez Rolic, tout allait bien sûr beaucoup plus vite, les voies de communication étaient extrêmement courtes. Cela venait aussi de la pression économique. Il nous était ainsi arrivé plusieurs fois de ne pas savoir comment nous allions payer les salaires deux mois plus tard. Par ailleurs, notre tolérance envers le gaspillage et les réunions improductives était très faible. Les collègues n’appréciaient pas du tout d’avoir le sentiment de perdre leur temps.

Si vous deviez tout recommencer à zéro aujourd’hui, envisageriez-vous de créer une start-up?

(Rires de Mme Thoma) En quoi je recommencerais à zéro? Peut-être que je monterais une start-up bien plus tard. Les jeunes n’ont en effet pas le monopole de la création de start-up. Il suffit juste de rester jeune dans sa tête et d’avoir de l’énergie à revendre.

Vous avez parfaitement raison. Et si vous décidiez de mettre une start-up sur pied aujourd’hui, quelle branche choisiriez-vous?

Je serais incapable de vous le dire. Cela dit, il faudrait impérativement que ma start-up travaille sur des technologies. Car tel est le fil rouge de ma vie. Je sais seulement que je rechercherais un domaine qui revêt une certaine importance pour l’humanité; je voudrais faire quelque chose qui soit capable d’avoir un impact dans la vie des gens. C’est d’ailleurs aussi cela qui me pousse toujours et encore à avancer chez BKW.

Ivana Jazo

Ivana Jazo

Redaktorin und Kommunikationsexpertin bei der BKW