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Patrick Manz, responsable du projet chez BKW

La centrale hydroélectrique de Sousbach est en train de prendre forme dans la vallée de Lauterbrunnen. BKW la construit en partenariat avec la société coopérative EWL de Lauterbrunnen. Un projet particulier. En effet, la conduite forcée, longue d’environ 3 kilomètres, passe entièrement à l’intérieur de la montagne. Comment creuser la galerie nécessaire à cet effet? Et comment les mineurs font-ils pour garder le cap en avançant? Nous avons posé ces questions à Patrick Manz, responsable du projet chez BKW.

C’est la fin de la pause hivernale du chantier de la centrale hydroélectrique de Sousbach. Où en êtes-vous dans les travaux?

Patrick Manz: Comme le chantier se déroule en grande partie au cœur de la montagne, nous avons pu travailler pratiquement tout l’hiver. Ainsi, le creusement à l’explosif de la galerie au site de la centrale a été poursuivi. Entre-temps, environ 180m de la galerie inférieure longue de 833 m ont été percés. En raison des conditions géologiques, le dynamitage s’est avéré très complexe jusqu’à présent. À partir de la mi-avril, les travaux se poursuivront au point d’attaque intermédiaire de Hacketewald. C’est là que commencera le creusement de la galerie en direction de la prise d’eau. Environ un mois plus tard, nous débuterons les travaux au niveau de la prise d’eau, à une altitude de près de 1’700 m.

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La centrale électrique de Sousbach se construit en grande partie à l’intérieur de la montagne et seules la prise d’eau et la centrale seront visibles de l’extérieur. Le forage de la galerie longue de 3 km à travers la montagne est très compliqué et prend beaucoup de temps. Pour quelles raisons avez-vous choisi cette variante?

Dès l’étude de faisabilité d’une exploitation du Sousbach, différents emplacements de la prise d’eau et tracés de la conduite forcée ont été examinés. Mais il a vite été clair que la voie des eaux motrices ne pouvait se situer qu’à l’intérieur de la montagne. Il y avait deux raisons à cela: premièrement, les risques géologiques, des glissements de terrain superficiels ne pouvant être exclus sur divers segments de la pente, et deuxièmement, l’impact inacceptable des travaux de creusement des tranchées et de pose des conduites sur la flore et la faune partiellement protégées.

Des mesures écologiques sont-elles néanmoins prises afin de limiter l’impact environnemental de la centrale?

Oui. Comme pour chaque projet de centrale électrique, nous compensons également ici l’impact écologique des phases de construction et d’exploitation. Cet impact est limité aux zones de la prise d’eau et de la centrale. La végétation protégée touchée par les travaux sera replantée ailleurs dans la mesure du possible. Là où ce n’est pas possible, de nouveaux habitats seront créés après la fin du chantier sous la forme de mesures de compensation.

Lors de l’étude du projet, vous avez dû diviser la galerie en deux sections (voir animation) et relier celles-ci par un puits vertical de 400 m. Pourquoi?

Deux variantes ont été envisagées. La première consistait à creuser une galerie d’une longueur d’environ 2,5 km et d’une pente d’environ 36% au moyen d’un tunnelier. Le deuxième concept prévoyait de percer deux galeries et un puits vertical qui les relie. La situation géologique et l’impact économique en résultant ont finalement fait pencher la balance en faveur de cette deuxième option.

La galerie est creusée à l’explosif. Comment fait-on pour garder la bonne direction en avançant?

Lors de la phase de planification, la direction de l’avancement de la galerie à été déterminée à intervalles réguliers à l’aide de points de coordonnées d’altitude, de longitude et de latitude, comparables à un collier de perles composé de points de métrage individuels. Ensuite, avant le début des travaux, une grille précise de points de mesure a été établie au futur portail de la galerie, qui sert désormais de référence.

Au fur et à mesure de l’avancement, les points de métrage individuels sont visés l’un après l’autre et la galerie est creusée à l’explosif dans cette direction. Afin de déterminer avec exactitude la position du moment, la grille de points de référence est mise à jour au fil du creusement de la galerie. Ainsi, les mineurs gardent le cap à tout moment.

Dès 2025, la centrale électrique pourra fournir de l’électricité propre à environ 6’700 ménages. Qu’en sera-t-il de la production en hiver, lorsque le ruisseau sera pratiquement à sec? La production d’énergie sera-t-elle possible?

La centrale électrique profite de la fonte des neiges au printemps et des pluies tout au long des six mois d’été. Comme pour tous les ruisseaux de montagne, le débit diminue sensiblement au cours des six mois d’hiver. L’exploitation de la centrale à charge partielle sera possible jusqu’à la fin de l’automne et à partir de mars environ. En outre, pendant les semaines les plus froides de l’hiver, lorsque le débit sera insuffisant pour une exploitation constante de la centrale, l’eau captée sera temporairement stockée dans la caverne de dessablage et turbinée en alternance.

Faits et chiffres

Durée des travaux août 2020 – été 2025
Puissance installée 11,3 MW
Production annuelle prévue 30,6 GWh, électricité pour environ 6’700 ménages
Coût du chantier près de 50 millions de CHF
Hauteur de chute brute utile 917 m
Longueur de la voie des eaux motrices dans le système de galeries et de puits 2’980 m

 

 

Andreas Schmidt

Andreas Schmidt

Responsable de projet Communication chez BKW